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Gravité du 27 juin 2018  

Ce qui s’est passé le 27 juin 2018 avec la déclaration du conseil permanent des évêques allemands n’est pas grave sur le fond théologique de la controverse mais sur la forme pour la traiter adoptée par ce conseil, forme si grave qu’elle met en péril l’unité de l’Église universelle. On peut le comprendre avec la première controverse qui a affecté l’Église primitive.



LE premier CONCILE DE JÉRUSALEM

Vers 48, se pose à Antioche la question de l’opportunité de la circoncision pour les non-juifs, lorsque des chrétiens arrivés de Judée dénoncent la liberté acquise dans le Christ Jésus , que Paul et Barnabé invoquent pour ne pas imposer ce rite aux chrétiens venus du paganisme. La communauté décide alors de demander l’arbitrage des apôtres et des anciens de Jérusalem, et y envoie Paul et Barnabé, ainsi que leur compagnon grec, Tite, accompagnés par une délégation.

Apôtres et Anciens de Jérusalem acceptent Tite, non circoncis , reconnaissant par là la validité de l’annonce de Paul concernant la liberté de la grâce. Ils désignent aussi les principaux responsables de l’Église et reconnaissent la vocation missionnaire de Pierre, pour les circoncis, et de Paul, pour les incirconcis. Ce discernement fonde une sorte de partage du champ missionnaire : les « colonnes » de l’Église – Jacques, Képhas (Pierre) et Jean – évangéliseront les Juifs, et Paul et Barnabé, les païens.

L’INCIDENT D’ANTIOCHE

L’incident survenu lors de la visite de Pierre à Antioche témoigne de la rectitude de Paul, pour qui la vérité de l’Évangile ne souffre pas d’accommodation. De quoi s’agit-il ? Un chrétien juif circoncis ne pouvait alors s’asseoir à la table d’un chrétien païen sans encourir d’impureté. Or, dans le contexte d’Antioche, Pierre témoigne de la primauté en la foi au Christ qui rassemble tous les hommes et y contrevient… jusqu’à l’arrivée de chrétiens envoyés par Jacques qui préside à la communauté de Jérusalem ; il dissimule alors ses sentiments. Paul se dresse : « Je lui résistai en face, car il avait tort ».

Le compromis décidé à Jérusalem préservait l’existence des communautés mixtes, tout en refusant la pleine communion entre circoncis et incirconcis, telle que Paul l’avait prêchée dans les jeunes Églises d’Asie mineure. Paul rejette ce compromis avec indignation : le salut de Jésus-Christ est donc considéré comme secondaire ? Paul revendique la vie nouvelle dans la foi, le don de l’Esprit et l’antériorité de la promesse divine sur la loi… La rupture est brutale : avec Jacques et l’Église de Jérusalem, avec Pierre et Barnabé, hésitants, qui se rallient à Jacques, avec l’Église d’Antioche elle-même qui entérine ce compromis. Seul, Silas le suivra. Après ce long noviciat de 15 ans, une nouvelle période s’ouvre pour Paul.

http://www.vatican.va/various/basiliche/san_paolo/fr/san_paolo/concilio.htm


Actes des apôtres chapitre 15 - versets 6 à 21 au sujet du concile de Jérusalem :


Les apôtres et les anciens se réunirent pour examiner cette affaire. Comme la discussion était devenue vive, Pierre intervint pour déclarer : "Vous le savez, frères, c'est un choix de Dieu que, dès les premiers jours et chez vous, les nations païennes ont entendu de ma bouche la parole de l'Evangile et sont devenus croyantes. Dieu, qui connaît les coeurs, leur a rendu témoignage, quand il leur a donné, comme à nous, l'Esprit Saint. Sans faire la moindre différence entre elles et nous, c'est par la foi qu'il a purifié leurs coeurs. 10 Dès lors, pourquoi provoquer Dieu en imposant à la nuque des disciples un joug que ni nos pères ni nous-mêmes n'avons été capables de porter ? Encore une fois, c'est par la grâce du Seigneur Jésus, nous le croyons, que nous avons été sauvés, exactement comme eux !" Il y eut alors un silence dans toute l'assemblée, puis l'on écouta Paul et Barnabas raconter tous les signes et les prodiges que Dieu, par leur intermédiaire, avait accomplis chez les païens.Quand il eurent achevé, Jacques à son tour prit la parole : "Frères, écoutez-moi. Syméon vient de nous rappeler comment Dieu, dès le début, eut soin de prendre parmi les nations païennes un peuple à son nom. Cet événement s'accorde d'ailleurs avec les paroles des prophètes, puisqu'il est écrit : Après cela, je viendrai reconstruire la hutte écroulée de David. Les ruines qui en restent, je les reconstruirai, et je la remettrai debout. Dès lors le reste des hommes cherchera le Seigneur avec toutes les nations qui portent mon nom. Voilà ce que dit le Seigneur, il réalise ainsi ses projets connus depuis toujours. Je suis donc d'avis de ne pas accumuler les obstacles devant ceux des païens qui se tournent vers Dieu. Ecrivons-leur simplement de s'abstenir des souillures de l'idôlatrie, de l'immoralité, de la viande étouffée et du sang. Depuis des générations en effet, Moïse dispose de prédicateurs dans chaque ville, puisqu'on le lit tous les sabbats dans les synagogues."


Rapporté à l’actualité entre une partie de l’Église d’Allemagne et Rome.


Je constate que le sujet sur l’intercommunion, sans que je me prononce sur le fond du débat, fâche une partie des évêques allemands, qui comme la communauté d’antioche autrefois en appelle à l’arbitrage de l’Église universelle, en l’occurence, la congrégation pour la doctrine de la foi.


Après l’entretien avec le préfet de cette congrégation du 03 mai 2018, le préfet, en accord avec le pape écrit au cardinal Marx que le Saint-Père est parvenu à la conclusion que le document n’est pas mûr pour être publié, thème qui touche à la foi de l’Église et qui concerne l’Église universelle et a des impacts sur les rapports œcuméniques avec d’autres Églises et d’autres communautés ecclésiales qu’il convient de ne pas sous-estimer, il y a des questions ouvertes sur ce sujet, les dicastères compétentes du Saint-Siège ont déjà été chargés de fournir une clarification convenable sur ces questions au niveau de l’Église universelle.


Interrogé le 21 juin le pape François a développé sa position : Le code de droit canonique prévoit ce dont les évêques allemands parlaient: la communion dans des cas spéciaux. Les évêques allemands, qui avaient vu que le cas n’était pas clair, mais aussi que certains prêtres faisaient des choses sans accord avec l’évêque, ont voulu étudier ce thème et ont fait cette étude de plus d’un an, bien faite, bien faite, une chose bien pensée, avec un esprit ecclésial. La chose a glissé jusqu’à dire que c’était pour la conférence épiscopale allemande. Et là il y a un problème, parce qu’une chose approuvée par une conférence épiscopale devient immédiatement universelle. Et cela a été la difficulté de la discussion: pas tant le contenu, que cela. Ils ont envoyé le document. Puis il y a eu deux ou trois rencontres de dialogue et de clarification; et Mgr Ladaria a envoyé cette lettre, mais avec ma permission, il ne l’a pas fait seul. Je lui ai dit: «Oui, il est préférable de faire un pas en avant et de dire que le document n’est pas encore mûr — c’était ce que disait la lettre — et que l’on devait étudier davantage la question».


Le 27 juin, soit six jours après la clarté sur la position du pape, qui n’avait pas plus de facilité à trancher cette question que Pierre au premier Concile de Jérusalem, le conseil permanent a publié le document en l’état. C’est là que repose la gravité de la blessure infligée par ce conseil à l’Église universelle en refusant d’étudier davantage la question et en se posant comme modèle sur cette question pour l’Église universelle. Même Paul en dépit de son incompréhension sur la décision du premier concile de Jérusalem n’a pas trahi l’Église universelle, se contentant de la latitude laissée à ses communautés par ce concile.

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